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RDV au ministère – Sujets: opération méningiome, patients, …

L’association Amavea a été reçue le 21 Mai par le Ministère de la santé. De nombreux points ont été abordés tels que la nécessité de l’opération d’un méningiome, la pharmacovigileance pour les molécules à l’origine des méningiomes, l’indemnisation des victimes.

Amavea est une association dont un des principaux objectif est d’apporter le soutien auprès de personnes qui développent des méningiomes suite à la prise de molécules telles que Androcur, Lutényl et Luteran. Aujourd’hui, le lien entre ces médicaments et l’apparition de ces tumeurs est bien établi. La prise en compte de cette problématique dans la décision de pratiquer l’opération d’un méningiome est un de nos principaux sujet de préoccupation. En effet, ils peuvent régresser à l’arrêt du traitement .

Cette réunion avec le Ministère de la Santé était primordiale pour l’association afin de discuter de ce point en particulier.

Participants

Les personnes suivantes étaient présentes à la réunion :
Céline PERRUCHON, directrice de la branche produits de santé et qualité des pratiques et des soins à la Direction Générale de la Santé.
Frédéric SEVAL, directeur de la division droits des usagers, affaires juridiques et éthiques à la DGS.
Emmanuelle HUET-MIGNATON , présidente de l’association AMAVEA.
Maitre Charles JOSPEH-OUDIN, avocat, conseiller de l’association.
Maitre Guillaume BRUNEAU-QUEIREX, avocat et conseiller de l’association.
Cinq autres personnes de la DGS, médecins et pharmaciens, assistaient également à la réunion.

Ce rendez-vous a été obtenu avec l’appui d’Olivier VERAN député LREM et neurologue au CHU de Grenoble.

Présentation de l’association Amavea

L’association Amavea a été présentée, avec son historique et ses buts, tels que décrits dans les statuts.
J’ai présenté succinctement mon histoire personnelle en la mettant en parallèle avec celles de femmes dont l’association a pu avoir le témoignage depuis plusieurs mois. Le but était aussi de mettre en perspective le mot « bénin » employé par la ministre pour les méningiomes vis à vis des histoires que nous avons vécues et que nous vivons encore par rapport à ces tumeurs.
Il a été spécifié que pour le moment, on parle beaucoup de l’Androcur, mais qu’on parlera prochainement du Luteran et du Lutényl, et possiblement d’autres progestatifs.

Opération d’un méningiome: prise en charge des patients

Le point central de cette problématique est le fait que l’opération d’un méningiome ou de plusieurs est parfois possiblement non nécessaires.

En effet, les neurochirurgiens n’ont pas tous pris conscience qu’un méningiome pouvait interrompre sa croissance à l’arrêt de l’Androcur ou des progestatifs. L’information en ce sens parait primordiale. Mais les contacts que l’association a eu avec les sociétés savantes de neurochirurgie ne sont pas très satisfaisants.

A part quelques neurochirurgiens très réceptifs qui sont donc déjà au courant à travers des congrès de cette problématique.  Il nous apparaît donc clairement que c’est aux autorités de santé de mettre en place cette information.

Pharmacovigilance

L’association a constaté depuis le début un dysfonctionnement dans certains centres de pharmacovigilance (CRPV). Le Pr Froelich, neurochirurgien qui est à l’initiative des études passées et en cours, a fait un questionnaire précis pour pouvoir avoir une approche épidémiologique et statistique de qualité. Malheureusement, certains centres ne jouent pas le jeu de ce questionnaire.

Peut-être le manque de moyens en est-il responsable. Nous avons insisté pour que les études (toutes les études, celles du Pr Froelich mais aussi les autres) soient faites correctement. Elles pourront ainsi permettre une meilleure compréhension de la problématique, et donc un meilleur suivi de patientes.

Information aux patients par l’ANSM

Le rappel des patients ayant pris de l’Androcur est une bonne chose. L’association soutient cette procédure. Mais il reste un problème. La durée de rappel sur 24 mois glissants est beaucoup trop courte et la « fenêtre de tir » très insuffisante. Quid des femmes qui ne prennent plus Androcur depuis des années mais qui prennent un autre traitement (Luteran, Lutényl, ou autre) ?

Si des méningiomes ont été créés par l’Androcur, ils continuent à grossir. Dans ce cas, l’opération d’un méningiome risque d’être nécessaire alors qu’elle pourrait être évitée. Il nous a été répondu par M SEGAL qu’il allait être étudié juridiquement la possibilité de faire sauter ce « verrou » des 24 mois glissants.

Nous avons aussi fait remarqué que notre courrier envoyé à l’ANSM en février, pour demander tous les documents détenus par l’ANSM concernant l’acétate de cyprotérone, ne sont pas parvenus dans leur entièreté. Ceux que nous possédons actuellement ne sont que des documents publics pour la plupart, sans grand intérêt pour le travail des avocats.

Indemnisation des victimes

Ce sujet intéresse particulièrement les avocats. Me Charles JOSEPH-OUDIN a environ 70 dossiers de « patients Androcur ». Il a besoin de savoir ce que l’Etat compte prendre charge ou non ainsi que les modalités de cette prise en charge. Il a demandé un dispositif centralisé d’expertise, qui ne semble pas être à l’ordre du jour.

Par contre, un guide de l’expert va être fait par la CNAMed (Commission Nationale des Accidents Médicaux) qui permettra de coordonner les expertises, de déterminer le lien de causalité et définir les séquelles.

Les CCI (Commissions de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux) restent compétentes. C’est assez technique, raison pour laquelle l’association a bien besoin d’un avocat. Celui-ci connait les accidents médicamenteux sériels et nous aide à nous y retrouver sans nous laisser endormir. 

Les avocats ont demandé à avoir la liste des experts afin de vérifier leur impartialité.
En ce sens, l’association sera conviée le 18 juin à une réunion afin de définir les modalités pratiques concernant les expertises et les indemnisations.

Conclusion

Cette réunion a été très positive, avec des médecins et pharmaciens très à l’écoute et respectueux. Des rendez-vous à venir sont prévus pour faire avancer ces dossiers.

Emmanuelle