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Bienvenue sur le site de l’Amavea- association de victimes de méningiomes (dont ceux dus à l’Androcur et aux autres progestatifs)

Méningiomes et médicaments Androcur, Lutéran Lutényl


Vous trouverez sur ce site de la documentation et des conseils pour les personnes ayant été traitées avec Androcur, Lutényl ou Lutéran ou autre progestatif et ayant développé (ou non) des méningiomes. 

(Ces trois médicaments et tous les progestatifs peuvent avoir comme effet secondaire le développement de tumeurs appelées méningiomes).

De quoi parlons nous ?


La molécule acétate de cyprotérone (Androcur de son nom commercial) a été mise sur le marché par le laboratoire Schering en 1980, laboratoire Schering qui a été racheté par Bayer en 2006. L’AMM (autorisation de mise sur le marché) a été délivrée le 8 avril 1980 pour deux indications :  l’hirsutisme sévère chez la femme et le cancer de la prostate chez l’homme.
Les risques de méningiomes liés à l’Androcur sont connus depuis 2007, depuis que le Professeur Sébastien Froelich, neurochirurgien, communique dans des congrès à travers le monde sur cette problématique.

La notice a été changée le 24 octobre 2011, alors que 160 000 personnes avaient cette prescription, comme contraceptif, pour de l’acné ou pour l’endométriose (qui ne sont donc pas des AMM). Et cette molécule sert aussi de castration chimique et de traitement hormonal pour les transgenres.  Dans la rubrique « effets indésirables » de la notice, a donc été ajouté :

Des cas de méningiomes (multiples) ont été rapportés en cas d’utilisation prolongée (plusieurs années) d’ANDROCUR à des doses de 25 mg par jour et plus.

Cette substance est plus prescrite en France que dans les pays voisins : 89 000 femmes françaises se la sont vues prescrire en 2017, à 80% hors AMM.

Une étude démarrée en 2014 et terminée en 2018 confirme qu’un traitement de 6 mois (3 g) multiplie par 7 le risque de survenue de méningiomes. Le risque est multiplié par 20 si le traitement dépasse 60 g. L’arrêt du traitement permet le plus souvent leur stabilisation ou leur régression. Le risque est également multiplié par vingt si on l’utilise sur une période prolongée de plus de 5 ans.

Le nombre de victimes repérées dans le cadre de l’étude menée par l’Assurance-maladie et l’hôpital Lariboisière en collaboration avec l’Agence nationale de sécurité du médicament – 500 à ce jour – est certainement très sous-estimé. Cette étude n’a en effet inclus que les femmes prenant de l’Androcur opérées pour un méningiome sur la période 2007-2015. Or nombre de femmes ont été opérées après 2015, ou n’ont pas subi d’intervention – pour certaines parce que leur méningiome était considéré comme inopérable, pour d’autres parce que le chirurgien leur a judicieusement conseillé d’attendre pour voir si l’arrêt du traitement permettait de faire régresser la tumeur.  

90 % des méningiomes sont bénins, certes. « Ce n’est pas un cancer », avait d’ailleurs maladroitement raccourci Agnès Buzyn, ministre de la santé, le 13 septembre 2018, disant « ce n’est pas un scandale sanitaire ».

L’Assurance Maladie a pourtant officiellement attribué l’apparition de tumeurs au cerveau à ce médicament à base d’acétate de cyprotérone chez au moins 500 femmes rien qu’en une décennie, de 2006 à 2015. Alors qu’il est vendu depuis 39 ans dans l’Hexagone.

Le fait que la tumeur cérébrale grossisse fait pression sur les nerfs. Et là réside le vrai danger. Car cela altère les fonctions essentielles du corps. Mais enlever la tumeur constitue une opération risquée. Dans tous les cas, beaucoup de patientes atteintes d’un méningiome sont devenues épileptiques, ont perdu leur capacité d’élocution, de mémoire, l’équilibre, souffrent d’acouphènes, de maux de tête. Certaines en sont mortes.

ANSM

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament n’a informé les médecins et patientes qu’en juin 2018 des effets possibles de l’Androcur, sans parler des autres molécules.

Le 7 février 2019, l’ANSM a enfin pris en compte le Lutéran et le Lutényl, comme molécules pouvant induire les mêmes problèmes, mais beaucoup reste encore à faire. Car tous les progestatifs, donc toutes les pilules contraceptives et tous les traitements pour l’endométriose par exemple, sont susceptibles de favoriser la création de méningiomes.

L’information des femmes qui prennent ces traitements est primordiale, et la bonne prise en charge neurochirurgicale aussi.

Si un courrier avait été fait au changement de notice, en 2011, à toutes les personnes à qui cette molécule avait été prescrite, le nombre de victimes seraient beaucoup moindre. Il a effectivement fallu attendre juin 2019 pour que les médecins et les patients reçoivent un courrier informant des risques et de ma marche à suivre.

Nathalie Grillot et Emmanuelle Huet-Mignaton, deux femmes opérées de méningiomes, ont donc décidé en janvier 2019 de créer une association afin que les victimes puissent être écoutées et entendues, et que celles qui veulent demander une réparation judiciaire puissent le faire avec un avocat compétent dans les accidents médicamenteux sériels.  

Logo AMAVEA

L’association a donc bien pour but de faire connaitre la problématique des méningiomes dus aux médicaments (pas uniquement l’Androcur, mais le Lutéran, le Lutényl et les autres progestatifs, et d’aider les victimes dans le parcours médical qui s’impose à elles.

L’association travaille dans sur ce sujet dans les réunions dédiées à l’ANSM.
Elle a eu rendez-vous au Ministère de la Santé en mai dernier, accompagnée de Maitre Charles JOSPEH-OUDIN et de Maitre Guillaume BRUNEAU-QUEYREIX, les deux avocats du cabinet DANTE qui s’occupent des dossiers Androcur, Lutéran, Lutényl et progestatifs.

L’association a aussi demandé un entretien à l’Assurance Maladie (CNAM), afin de pouvoir échanger et avoir des informations sur la prise en charge en ALD des méningiomes.

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