Témoignage de Stéphanie
C’est en voyant soudainement double, un dimanche de septembre 2022, que j’ai découvert l’existence d’Abricotine. La sournoise se cachait depuis des années, et s’est révélée à un moment de mon existence où j’étais comme un hamster dans sa roue , perpétuellement agitée. J’avais 46 ans.
Ancienne journaliste, devenue traiteur pâtissière, je ne comptais pas mes heures pour mes clients. J’avais constamment mal à la tête. « Céphalées de tension, vous être stressée par votre travail », me répétait mon médecin. Et puis, ces paralysies faciales, ces vertiges et cette diplopie, un premier passage aux urgences à Nantes, un deuxième, un corps branché de partout et j’ai compris que ma vie basculait. « Méningiome dans le sinus caverneux, sur l’apex pétreux. On va vous opérer. C’est bénin, madame ». Ouf.
Je n’avais pas vraiment réalisé.
Le professeur avait tort, l’opération était trop risquée : AVC, hémorragie cérébrale ou mort, de sacrés risques pour une maladie bénigne, non ? J’ai pu découvrir les joies de la radiothérapie, de son masque et… les vertus de la méditation pour apaiser mon esprit. Un an d’arrêt plus tard, j’ai donc lâché mon entreprise et changé radicalement d’existence, pour découvrir comment c’était, de vivre, simplement et plus calmement.
J’ai découvert AMAVEA d’un simple clic, dès le début du pronostic, et je me souviendrai toujours de mon premier post, mais aussi de ma première rencontre physique avec des adhérentes. Mes questions ont été accueillies avec bienveillance et l’association m’est apparue comme un véritable soutien, tandis que je ménageais mes proches. Là, nous étions entre nous. On pouvait parler librement. Partager ce qui nous traversait, sans craindre de faire peur. Savourer de belles rencontres, aussi.
Et c’est donc tout naturellement que j’ai accepté l’ invitation de Marie-Sophie, déléguée des Pays de la Loire, celle de co-animer avec Annie « L’écho des maux », ce rendez-vous mensuel auquel sont conviés les adhérents, afin de se retrouver, parler, écouter, accueillir.
Être là, et réaliser à quel point la vie reste belle. Constater aussi que nous ne sommes pas seules, réunies par une drôle de circonstance, mais unies pour vivre au mieux notre nouvelle réalité.






