First complaints for Androcur April 22, 2019-France-Inter

France Inter Androcur

Premières plaintes pour l’Androcur : Emission du lundi 22 avril 2019 (lundi de Pâques) où il est question d’Androcur, des plaintes, mais aussi du Lutéran et Lutényl.  A écouter ici

Was there lack of information on the risks incurred? Précrisse for years, the medication Androcur taken in high doses can give meningiomas, benign brain tumors. Many women have not been notified, three of them have just filed a complaint.

The Androcur targeted by three complaints
L’Androcur visé par trois plaintes © AFP / Philippe LAVIEILLE

D’abord prescrit pour combattre une pilosité excessive, le médicament Androcur a également été donné à des femmes souffrant d’endométriose ou d’acné, parfois à forte dose et pendant des années. On sait depuis 2008 que ce médicament peut donner des méningiomes, des tumeurs bénignes du cerveau. Mais la plupart des patientes l’ignoraient et ne l’ont appris que ces derniers mois. C’est l’objet de la plainte que viennent de déposer trois victimes. D’autres dossiers vont suivre.

Marie, 45 ans, est l’une des trois plaignantes. Au printemps 2016, sa vie bascule. Elle souffre de maux de tête, de vertiges, de problèmes moteurs qui ne cessent de s’amplifier. Elle met d’abord cela sur le compte de la fatigue, et puis en septembre, elle finit par consulter. À l’IRM, on lui trouve plusieurs méningiomes, dont un large de 6 cm. Il faut aussitôt opérer. Une trépanation, pour enlever derrière son œil une tumeur grosse comme une clémentine. Elle en garde aujourd’hui des séquelles, des maux de tête récurrents notamment. À ce jour, elle n’a toujours pas pu reprendre le travail normalement. Sa vie en a été durablement bouleversée.

Marie ne fait le rapprochement avec l’Androcur qu’en septembre dernier, c’est-à-dire deux ans après la découverte de ses méningiomes, quand d’autres femmes témoignent et donnent l’alerte. Marie a pris de l’Androcur pendant dix ans, de 2006 à 2016. C’était son contraceptif, elle n’a jamais été informée du risque :

« Androcur, for me, it was just a pill, I was never told that it could give tumors to the brain, I trusted my gynecologist, it had been more than ten years since he followed me. »»

En 2016 pourtant, quand il opère son méningiome, le neurochirurgien dit aussitôt à Marie d’arrêter l’Androcur. Cela signifie qu’il savait. Car depuis 2008, le risque était connu : un médecin, Sébastien Froelich, avait donné l’alerte à l’époque. À partir de 2011, la notice du médicament a d’ailleurs fait mention de cas de méningiomes. Mais le message est resté trop confidentiel, les patientes n’ont pas eu l’information, ce n’est que fin 2018 qu’une étude approfondie a mesuré le risque (très fort si les doses sont élevées et prescrites sur plusieurs années) et que l’agence du médicament a recommandé de limiter les indications et de surveiller les patientes par IRM. Maître Charles Joseph-Oudin, l’avocat de Marie accuse : Que de temps perdu !

The position of the law today is to say that the patient must be informed as soon as there is a suspicion of risk, even if this risk is not perfectly measured. So, as early as 2008, suspicion justified concrete information measures.

La même histoire que celle de Marie est arrivée à Emmanuelle. Elle préside aujourd’hui l’association de victimes. Emmanuelle a pris de l’Androcur pendant 14 ans, pour traiter son endométriose, jusqu’à ce qu’on lui trouve des tumeurs. C’était en 2017 :

« I was followed by three different gynecology teachers, I was never told anything and those I questioned told me: 'Yes, we knew it, but we thought that the risk was so weak that it was not worth saying it'! »»

The MRI of a patient treated in Lutenyl, a progestin close to Androcur, shows two meningiomas, including a fairly massive behind the eye of the patient
The MRI of a patient treated in Lutenyl, a progestin close to Androcur, shows two meningiomas, including a fairly massive behind the eye of the patient © Radio France / Véronique Julia

Luteran and Lotényl also on the hot seat

Il n’y a pas que l’Androcur : deux autres médicaments sont aujourd’hui sur la sellette. Il s’agit du Lutéran et du Lutényl, des progestatifs eux aussi, utilisés pour la pré-ménopause, en cas d’endométriose ou de troubles menstruels. Depuis deux mois, l’ANSM, l’agence du médicament, pointe un risque de méningiome là encore. Mais les femmes le savent-elles ? Et n’est-on pas en train de créer une deuxième affaire Androcur ? C’est la question que pose Élisa. Elle a pris du Lutényl pendant 14 ans et souffre aujourd’hui de plusieurs méningiomes :

“We must warn women, that they are given an exam, and that we stop prescribing for a long time. Very clearly, this medication was not vital for me. If I had known, I would not have made the choice I made. ” 

L’avocat Charles Joseph-Oudin prépare d’autres plaintes pour l’Androcur. Il constitue également des dossiers en ce moment pour le Lutéran et le Lutényl.

Premières plaintes pour l’Androcur 22 avril 2019 – France-Inter

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