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Charline – 42 ans – 10 ans d’Androcur – 1 méningiome

temoignage androcur

Le jour de la réception du courrier de la CPAM m’informant que puisque j’avais pris Androcur, je pouvais avoir un méningiome, est marqué à jamais. Le 11 juillet 2019. Je suis entrée dans une vie d’abord d’attente, puis de douleur, d’insécurité, d’angoisse et de peur. J’avais pris l’Androcur pour des problèmes de pilosité sur le visage, pas très marqués, mais comme je suis esthéticienne, je ne pouvais pas paraitre négligée.

J’ai 42 ans, deux filles, l’une au collège, l’autre au lycée. J’étais heureuse, avec un mari aimant. Bien sûr, je me trouvais un peu ralentie, mais je mettais ça sur le compte de l’âge, de ma vie bien remplie. A y réfléchir, j’ai eu des problèmes de plus en plus fréquents, amis comme le médecin disait que c’était la fatigue et l’âge, je ne m’inquiétais pas.  J’ai passé l’IRM en septembre, et ensuite, à la découverte du méningiome tout s’est enchainé. Le méningiome (je n’arrive pas à dire « mon » méningiome, tellement ce truc, ce n’est pas moi ! Il n’est pas à moi, je n’en veux pas !) était petit mais mal placé. Le neurochirurgien m’a dit les risques, mais j’avais confiance, mon mari aussi, et voilà.

Voilà, je me suis réveillée paralysée du côté droit. Il parait que j’ai fait un AVC pendant l’opération.  Voilà, je ne pensais pas que la malchance allait encore tomber sur moi. J’ai été un an en rééducation, et je ne peux toujours pas marcher seule. Je suis la plupart du temps en fauteuil roulant. J’ai perdu 15 kgs, j’ai fait une grosse dépression, j’ai pleuré pendant des jours entiers. Le neurochirurgien nous a indiqué l’association, et je suis contente qu’on puisse m’écouter quand ça va mal, qu’on me comprenne. La vie de ma famille tourne autour de mon handicap, j’ai dû faire deux maisons de repos, avant de trouver une où je suis bien traitée. Je ne peux plus m’occuper de mes filles, je ne suis plus une femme pour mon mari. J’ai souvent envie de hurler TOUT CA EST DEGUEULASSE (pardon pour le gros mot, mais je suis en colère). Pourquoi avoir attendu tant de temps pour que ce médicament soit restreint ? Même pas interdit en plus, c’est inadmissible, avec tous les dégâts causés. Il faut que ce médicament soit interdit !

J’ai déposé mon dossier chez l’avocat, et je ne lâcherai pas, mon mari ne lâchera pas. Cependant je ne veux pas témoigner dans les journaux ou à la télévision, c’est trop douloureux. Je n’oublierai jamais le mal qui nous a été fait, comment le pourrais-je ? Je ne sais même pas si je remarcherai un jour. Il ne faut rien lâcher, et je suis reconnaissante à l’association d’être là, et à celles qui n’abandonnent pas, et qui aident comme elles peuvent.  

Charline – 42 ans – 10 ans d’Androcur – 1 méningiome

D’autres témoignages ici : témoignages amavea

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